Les pays qui autorisent la double nationalité dans le monde : la carte qui divise

La France autorise la double nationalité sans aucune restriction. La Chine, l’Inde et le Japon l’interdisent. L’Allemagne l’autorise sous conditions depuis 2024. La carte mondiale dessine un monde coupé en trois : les pays qui acceptent pleinement la binationalité (bleu), ceux qui l’autorisent avec des exceptions (orange) et ceux qui imposent une seule nationalité (rouge). Plus de la moitié des pays du monde autorisent désormais la double nationalité — mais les deux plus grands pays du monde (Chine et Inde, 2,8 milliards d’habitants) la rejettent.
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🗺️ Les 3 catégories
| Catégorie | Pays principaux |
|---|---|
| 🔵 Autorisée | France, Royaume-Uni, USA, Canada, Australie, Italie, Belgique, Suisse, Portugal, Suède, Irlande, Brésil, Mexique, Argentine, Colombie, Chili, Maroc, Tunisie, Algérie, Sénégal, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Israël, Philippines, Corée du Sud |
| 🟠 Avec exceptions | Allemagne (depuis 2024), Pays-Bas (restrictions pour naturalisés), Espagne (sauf traités ibéro-américains), Norvège (depuis 2020), Thaïlande, Indonésie |
| 🔴 Interdite | Chine, Inde, Japon, Russie, Singapour, Autriche, Estonie, Slovaquie, Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Oman, Iran, Cuba, RDC, Myanmar, Kazakhstan, Ouzbékistan |
🇫🇷 La France : la double nationalité sans restriction
La France autorise la double nationalité sans aucune restriction depuis 1973 (ratification de la Convention européenne sur la réduction des cas de plurinationalité). Un citoyen français peut détenir autant de nationalités qu’il le souhaite — il n’y a pas de limite. Environ 3,5 millions de Français sont binationaux (soit 5 % de la population). Les binationalités les plus fréquentes sont franco-algérienne, franco-marocaine, franco-tunisienne, franco-portugaise et franco-italienne. La France ne demande jamais de renoncer à une autre nationalité pour obtenir la nationalité française.
🇨🇳🇮🇳🇯🇵 Les 3 géants qui disent non
La Chine, l’Inde et le Japon interdisent la double nationalité — soit 2,8 milliards de personnes concernées. En Chine, l’article 3 de la loi sur la nationalité est clair : tout citoyen chinois qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd automatiquement la nationalité chinoise. Pas de négociation possible. En Inde, la double nationalité est interdite mais l’Inde a créé un statut alternatif — la « citoyenneté indienne d’outre-mer » (OCI) — qui donne des droits de résidence et de travail sans conférer la pleine citoyenneté. Plus de 225 000 personnes ont renoncé à la citoyenneté indienne en 2022. Au Japon, les personnes possédant plusieurs nationalités doivent choisir avant l’âge de 22 ans, sous peine de déchéance.
🇩🇪 L’Allemagne : le changement historique de 2024
L’Allemagne a longtemps interdit la double nationalité pour les personnes naturalisées. Un Turc devenant Allemand devait renoncer à sa nationalité turque. Mais en juin 2024, une réforme historique du gouvernement Scholz a autorisé la double nationalité pour les naturalisés, tout en facilitant l’accès à la nationalité allemande (5 ans de résidence au lieu de 8). Cette réforme concerne potentiellement des millions de résidents étrangers en Allemagne (11 millions de personnes, dont 3 millions de Turcs). L’Allemagne est passée de la catégorie « rouge » à « orange » sur cette carte.
🇷🇺 La Russie : interdite mais tolérée en pratique
La Russie n’interdit pas formellement la double nationalité, mais la rend très compliquée. Depuis 2014, les citoyens russes ayant une autre nationalité doivent la déclarer au ministère de l’Intérieur sous peine de sanctions pénales. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la pression sur les binationaux s’est accentuée : des citoyens russes ayant une nationalité occidentale ont été empêchés de quitter le pays. En pratique, la Russie traite ses binationaux comme des citoyens exclusivement russes sur son territoire.
🟠 Les pays « avec exceptions » : un entre-deux complexe
Plusieurs pays ont un régime intermédiaire. L’Espagne interdit en principe la double nationalité pour les naturalisés, mais fait exception pour les ressortissants de pays ibéro-américains, du Portugal, d’Andorre, des Philippines et de Guinée équatoriale — un héritage colonial. Les Pays-Bas encouragent les naturalisés à renoncer à leur nationalité d’origine mais ne l’imposent plus systématiquement. La Norvège a autorisé la double nationalité en 2020 après des décennies de débat. La Thaïlande et l’Indonésie tolèrent la double nationalité pour les enfants binationaux mais l’interdisent pour les adultes naturalisés.
🔍 Pourquoi certains pays l’interdisent ?
Les pays qui interdisent la double nationalité avancent plusieurs arguments : la loyauté exclusive (un citoyen ne peut servir deux drapeaux), la sécurité nationale (risque d’espionnage ou de conflit d’intérêts), la souveraineté (le pays ne reconnaît pas les droits qu’un autre État confère à ses citoyens) et la cohésion nationale (éviter une « nationalité de convenance »). À l’inverse, les pays qui l’autorisent considèrent que la mobilité internationale est une réalité, que les diasporas sont un atout économique et que la liberté individuelle prime sur l’exclusivité nationale.
📊 Les chiffres clés
- Plus de la moitié des pays du monde autorisent la double nationalité
- 3,5 millions de Français sont binationaux (5 % de la population)
- Chine + Inde + Japon = 2,8 milliards de personnes sans droit à la binationalité
- L’Allemagne a autorisé la double nationalité en juin 2024 (réforme historique)
- La Norvège l’a autorisée en 2020
- 225 000 personnes ont renoncé à la citoyenneté indienne en 2022
- En France, les binationalités les plus fréquentes : franco-algérienne, franco-marocaine, franco-tunisienne
- Au Japon, il faut choisir avant 22 ans
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Sources : CNEWS (juin 2024), LInfo.re (octobre 2025), Docteur-Voyage.fr (2025), Citizenshipinvest.com (mars 2026), Wikipédia (Double nationalité), VisitWorld. Données vérifiées en mai 2026.
