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Les profits de TotalEnergies trimestre par trimestre : comment la géopolitique fait exploser les bénéfices

5,8 milliards de dollars de bénéfice net au premier trimestre 2026, soit +51 % en un an et un quasi-doublement par rapport au trimestre précédent. Le graphique des profits trimestriels de TotalEnergies depuis 2021 raconte une histoire fascinante : celle d’une entreprise dont les résultats sont dictés par les crises géopolitiques mondiales. Guerre en Ukraine en 2022, accalmie en 2024-2025, conflit au Moyen-Orient en 2026 — chaque crise fait bondir les bénéfices.

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📊 L’évolution trimestre par trimestre (2021-2026)

TrimestreProfit net (Mds $)Contexte
Q1 20213,0Sortie de Covid
Q2 20213,5Reprise économique
Q3 20214,8Rebond pétrole
Q4 20216,8Crise énergie Europe
Q1 20229,0🔴 Invasion Ukraine
Q2 20229,8🔴 Pic pétrole 120 $/baril
Q3 20229,9🔴 Record absolu
Q4 20227,6Début de normalisation
Q1 20236,5Baisse des prix
Q2 20235,0Stabilisation
Q3 20236,5Rebond saisonnier
Q4 20235,2Fin d’année calme
Q1 20245,1Stabilité
Q2 20244,7Baisse pétrole
Q3 20244,1Recul des prix
Q4 20244,4Légère reprise
Q1 20254,2Stagnation
Q2 20253,6🟢 Point bas
Q3 20254,0Reprise
Q1 20265,8🔴 Conflit Moyen-Orient

Source : TotalEnergies, rapports trimestriels. Résultat net IFRS part du groupe, en milliards de dollars.

🔴 2022 : les « superprofits » de la guerre en Ukraine

Le record absolu est atteint au Q3 2022 avec 9,9 milliards de dollars de profit en un seul trimestre. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a provoqué une flambée historique du pétrole (jusqu’à 120-130 $/baril) et du gaz naturel. TotalEnergies, comme les autres majors (Shell, ExxonMobil, Chevron), a engrangé des bénéfices records qui ont alimenté le débat sur les « superprofits » et conduit le gouvernement français à instaurer une contribution exceptionnelle sur les profits des énergéticiens.

Sur l’ensemble de l’année 2022, TotalEnergies a réalisé 33,5 milliards de dollars de profit — un record historique.

📉 2024-2025 : la descente aux enfers (relative)

Après les sommets de 2022, les profits ont progressivement reculé. Le point bas est atteint au Q2 2025 avec 3,6 milliards de dollars, soit 63 % de moins que le pic du Q3 2022. La baisse des prix du pétrole (autour de 70-75 $/baril), la normalisation des marchés gaziers européens et le ralentissement économique mondial expliquent ce recul. Pour autant, même au point bas, TotalEnergies dégageait 3,6 milliards par trimestre — un niveau qui aurait été considéré comme excellent avant 2022.

🔴 Q1 2026 : le rebond spectaculaire (+50 % en un trimestre)

Le conflit au Moyen-Orient, avec notamment des frappes sur des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite en mars 2026, a fait flamber les cours du brut. TotalEnergies affiche un résultat net IFRS de 5,8 milliards de dollars au T1 2026, en hausse de 51 % sur un an et quasi-doublé par rapport au T4 2025. Le résultat net ajusté atteint 5,4 milliards. Le cash-flow de 8,6 milliards a permis d’augmenter le dividende de 5,9 % et de lancer un programme de rachat d’actions de 1,5 milliard.

Comme le reconnaît Patrick Pouyanné, PDG du groupe, ces résultats illustrent la « capacité à capturer la hausse des prix ». Les marges de raffinage exceptionnelles de mars et la performance des traders du groupe ont contribué à cette performance.

🤔 Superprofits ou performance industrielle ?

Le graphique pose une question fondamentale : les profits de TotalEnergies sont-ils le fruit d’une gestion performante ou d’aubaines géopolitiques ? Les deux, en réalité. La diversification du groupe (pétrole, gaz, GNL, raffinage, trading, électricité, renouvelables) lui permet de profiter de chaque situation de marché. Quand le pétrole flambe, l’amont explose. Quand les marchés sont volatils, le trading performe. Quand les prix baissent, le raffinage et la chimie compensent partiellement.

Mais le lien entre crises géopolitiques et profits reste troublant : les deux pics (2022 et 2026) correspondent exactement aux deux grands conflits de la décennie (Ukraine et Moyen-Orient). L’entreprise profite structurellement de l’instabilité mondiale — ce qui alimente le débat citoyen sur la taxation des « superprofits ».

📊 Les chiffres clés

  • 5,8 milliards $ de profit net au T1 2026 (+51 % sur un an)
  • 9,9 milliards $ : record absolu au Q3 2022
  • 3,6 milliards $ : point bas au Q2 2025
  • +50 % de hausse entre Q3 2025 et Q1 2026
  • 8,6 milliards $ de cash-flow au T1 2026
  • 0,90 €/action de dividende trimestriel (+5,9 %)
  • 1,5 milliard $ de rachat d’actions au T2 2026
  • Production : 2,553 millions de barils équivalent pétrole/jour

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Sources : TotalEnergies (communiqué de résultats T1 2026, 29 avril 2026), FranceTransactions, ABC Bourse, Les Carnets de l’Économie, EchosPlus. Données vérifiées en mai 2026.

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