Marquages de piste d’aéroport décodés : à quoi servent toutes ces lignes au sol ?

Quand votre avion atterrit, vous passez au-dessus de dizaines de marquages au sol sans y prêter attention. Pourtant, chacun d’entre eux a un rôle vital : guider le pilote, indiquer la direction de la piste, marquer le point idéal de toucher des roues, délimiter les zones de sécurité. Ces marquages sont standardisés dans le monde entier par l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale). Voici le décodage complet.
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1. Le seuil de piste (threshold)
Ce sont les grandes barres blanches horizontales que l’on voit en premier en bout de piste. Elles indiquent le début de la surface utilisable pour l’atterrissage. Le nombre de barres (de 4 à 16) indique la largeur de la piste : 4 barres pour une piste de 18 m de large, 16 barres pour une piste de 60 m (comme à Roissy-Charles de Gaulle). Un pilote ne doit jamais poser ses roues avant le seuil.
2. Le désignateur de piste (runway designator)
Le « 13R » peint en gros caractères au sol est le désignateur de piste. Il se compose de deux éléments. Le nombre (13) correspond à l’orientation magnétique de la piste arrondie à la dizaine la plus proche, divisée par 10. Ainsi, « 13 » signifie que la piste est orientée à 130° par rapport au nord magnétique. Si vous faites demi-tour et utilisez la piste dans l’autre sens, elle s’appellera « 31 » (130° + 180° = 310°). Chaque piste a donc toujours deux numéros.
La lettre (R) signifie « Right » (droite). Elle est utilisée quand un aéroport a des pistes parallèles. La piste de gauche sera « 13L » (Left), celle du centre « 13C » (Center), celle de droite « 13R » (Right). Roissy-CDG a quatre pistes : 08L/26R, 08R/26L, 09L/27R et 09R/27L.
Fait amusant : puisque les numéros vont de 01 à 36 (360° divisé par 10), aucune piste au monde ne porte le numéro 37. C’est mathématiquement impossible.
3. La ligne centrale (centerline)
La ligne en pointillés blancs qui court sur toute la longueur de la piste est la ligne centrale. Elle sert à aligner l’avion avec le centre de la piste pendant le décollage et l’atterrissage. Les pointillés mesurent 30 m de long avec un espacement de 20 m. Sur les pistes équipées de guidage ILS (Instrument Landing System), cette ligne est essentielle en cas de visibilité réduite.
4. Le point de visée (aiming point)
Ce sont les deux gros rectangles blancs situés à environ 300 m du seuil de piste. Ils servent de repère visuel au pilote pour maintenir l’axe d’approche. Le pilote vise ce point pendant la descente. Si le point de visée « monte » dans son champ de vision, il est trop bas ; s’il « descend », il est trop haut. Ce marquage est présent uniquement sur les pistes de 1 500 m ou plus.
5. Les zones de toucher (touchdown zone)
Les groupes de barres symétriques de part et d’autre de la ligne centrale indiquent la zone idéale de contact des roues. Les pilotes doivent poser l’avion dans cette zone (entre 150 et 900 m après le seuil selon la longueur de piste). Le nombre de paires de barres diminue à mesure qu’on avance sur la piste : 3 paires, puis 2, puis 1 — permettant au pilote d’estimer la distance parcourue.
6. Les marquages de bord (edge markings)
Les lignes blanches continues sur les côtés de la piste délimitent les bords de la surface utilisable. Elles aident le pilote à évaluer la largeur disponible, surtout par mauvais temps ou de nuit. Les pistes peuvent mesurer de 18 m (petits aéroports) à 75 m de large (aéroports militaires). La largeur standard internationale est de 45 m pour les gros-porteurs.
7. Les zones de sécurité (blast pad / stopway)
Les chevrons jaunes (ou parfois blancs) en bout de piste marquent la zone de sécurité. Ce n’est pas une surface destinée au roulage normal : elle sert uniquement en cas d’arrêt d’urgence (décollage interrompu) ou pour protéger la zone des effets de souffle des réacteurs. L’avion ne doit jamais rouler dessus en temps normal. Cette zone est souvent constituée d’un revêtement moins résistant que la piste elle-même, conçu pour ralentir un avion qui sortirait de piste (système EMAS dans les grands aéroports).
💡 7 faits surprenants sur les pistes d’aéroport
1. Aucune piste ne porte le n°37 — le maximum est 36 (360°/10). 2. Les marquages sont refaits tous les 2 à 5 ans — la peinture s’use sous les pneus chauffés à 200°C à l’atterrissage. 3. Les traces noires sur les pistes sont du caoutchouc fondu provenant des pneus, nettoyées régulièrement par des machines à haute pression. 4. La piste la plus longue d’Europe est à Istres (France) avec 5 000 m — conçue pour la navette spatiale Hermès. 5. La plus longue au monde se trouve en Chine à l’aéroport de Qamdo-Bangda : 5 500 m, à cause de l’altitude (4 334 m). 6. La peinture utilisée est une peinture époxy réfléchissante contenant des microbilles de verre pour la visibilité nocturne. 7. À Roissy-CDG, les pistes sont repaintées 90 tonnes de peinture par an.
📊 Les chiffres clés
- 7 types de marquages sur une piste standard
- 01 à 36 : numérotation des pistes (orientation magnétique /10)
- L, C, R : lettre pour les pistes parallèles (gauche, centre, droite)
- 30 m + 20 m : longueur d’un pointillé central + espacement
- 45 m : largeur standard internationale d’une piste pour gros-porteurs
- 5 000 m : piste d’Istres, la plus longue d’Europe
- Peinture refaite tous les 2 à 5 ans
- Normes fixées par l’OACI (annexe 14) — identiques dans le monde entier
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Sources : OACI (annexe 14), DGAC, Wikipédia (piste d’aérodrome), AeroBuzz, SKYbrary. Données vérifiées en mai 2026.
