Pouvoir d’achat immobilier par département en France : où votre revenu va-t-il le plus loin ?

Combien de mètres carrés le revenu médian de votre département vous permet-il d’acheter ? C’est la question que pose cette analyse croisée des données INSEE Filosofi 2023 (revenus médians) et DVF 2024 (prix de l’immobilier). La réponse révèle des inégalités de pouvoir d’achat immobilier vertigineuses entre la France rurale et les grandes métropoles.
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Méthode de calcul
Le calcul est simple mais éclairant : revenu médian annuel disponible du département ÷ prix médian pondéré du m² des appartements anciens. Le résultat donne la surface théoriquement achetable en une année de revenu médian — sans crédit, sans apport, juste la surface que représente un an de revenu. Cet indicateur n’est pas un conseil d’achat mais un outil de comparaison du pouvoir d’achat immobilier relatif entre territoires. Note : Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin ne sont pas couverts par DVF et n’apparaissent pas dans ce classement.
Top 15 : là où le revenu va le plus loin
| Rang | Département | Surface achetable | Revenu médian | Prix/m² |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Creuse | 27,1 m² | 23 210 € | 857 €/m² |
| 2 | Haute-Saône | 24,7 m² | 24 750 € | 1 001 €/m² |
| 3 | Nièvre | 23,8 m² | 24 010 € | 1 010 €/m² |
| 4 | Ardennes | 22,5 m² | 23 500 € | 1 045 €/m² |
| 5 | Meuse | 22,5 m² | 24 740 € | 1 102 €/m² |
| 6 | Haute-Marne | 22,3 m² | 23 980 € | 1 073 €/m² |
| 7 | Indre | 21,1 m² | 24 020 € | 1 136 €/m² |
| 8 | Territoire de Belfort | 20,4 m² | 25 910 € | 1 270 €/m² |
| 9 | Loire | 19,6 m² | 24 800 € | 1 264 €/m² |
| 10 | Allier | 19,5 m² | 24 430 € | 1 250 €/m² |
| 11 | Cantal | 19,0 m² | 24 820 € | 1 309 €/m² |
| 12 | Orne | 18,7 m² | 24 110 € | 1 286 €/m² |
| 13 | Vosges | 18,7 m² | 24 320 € | 1 301 €/m² |
| 14 | Saône-et-Loire | 18,7 m² | 24 970 € | 1 337 €/m² |
| 15 | Haute-Loire | 18,2 m² | 25 140 € | 1 382 €/m² |
Top 15 : là où le revenu va le moins loin
| Rang | Département | Surface achetable | Revenu médian | Prix/m² |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Paris (75) | 3,5 m² | 33 650 € | 9 533 €/m² |
| 2 | Hauts-de-Seine (92) | 5,2 m² | 33 790 € | 6 442 €/m² |
| 3 | Seine-Saint-Denis (93) | 5,4 m² | 21 250 € | 3 958 €/m² |
| 4 | Alpes-Maritimes | 5,6 m² | 26 380 € | 4 731 €/m² |
| 5 | Val-de-Marne (94) | 5,8 m² | 27 250 € | 4 722 €/m² |
| 6 | Charente-Maritime | 6,6 m² | 25 710 € | 3 905 €/m² |
| 7 | Corse-du-Sud | 6,7 m² | 26 050 € | 3 888 €/m² |
| 8 | Var | 6,9 m² | 25 940 € | 3 759 €/m² |
| 9 | La Réunion | 6,9 m² | 19 110 € | 2 767 €/m² |
| 10 | Hérault | 7,2 m² | 24 280 € | 3 396 €/m² |
| 11 | Gironde | 7,3 m² | 26 820 € | 3 681 €/m² |
| 12 | Rhône | 7,3 m² | 27 500 € | 3 769 €/m² |
| 13 | Savoie | 7,3 m² | 27 910 € | 3 801 €/m² |
| 14 | Haute-Savoie | 7,4 m² | 32 180 € | 4 364 €/m² |
| 15 | Vendée | 7,8 m² | 25 850 € | 3 320 €/m² |
Source : INSEE Filosofi 2023 (revenus médians) et DGFiP DVF 2024 (prix médians pondérés du m² des appartements anciens). Calcul : revenu médian annuel ÷ prix médian du m². Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin non couverts par DVF.
Paris : 3,5 m² — à peine la taille d’une salle de bain
Le résultat parisien est saisissant : avec un revenu médian de 33 650 euros par an — le plus élevé de France — un Parisien médian ne peut théoriquement acheter que 3,5 m² de logement ancien en un an de revenu, tant le prix au m² est élevé (9 533 €/m²). C’est à peine la surface d’une salle de bain standard. Ce chiffre illustre de manière brutale la déconnexion entre les revenus et les prix immobiliers à Paris, même pour des ménages au revenu supérieur à la moyenne nationale.
Paradoxalement, la Seine-Saint-Denis (93), juste de l’autre côté du périphérique, affiche le 3e ratio le plus défavorable de France : avec seulement 21 250 € de revenu médian annuel — parmi les plus bas de France — et des prix immobiliers de 3 958 €/m² largement tirés vers le haut par la proximité parisienne, les habitants du 93 cumulent les désavantages : revenus faibles et prix élevés.
La Creuse, championne du pouvoir d’achat immobilier
À l’opposé, la Creuse arrive en tête avec 27,1 m² achetables avec le revenu médian annuel de 23 210 euros, pour un prix médian au m² de seulement 857 euros. Un rapport de 1 à 11 avec Paris en termes de pouvoir d’achat immobilier. Ce département du Massif Central est l’un des territoires les plus touchés par la désertification : sa faible densité de population, son vieillissement démographique et son éloignement des grands centres urbains ont maintenu des prix immobiliers très bas pendant des décennies, créant une opportunité pour les acquéreurs à budget limité.
Il est notable que presque tous les départements du top 15 « le plus de m² » partagent des caractéristiques communes : ce sont des territoires ruraux, peu denses, souvent confrontés à une baisse de population, situés dans le centre, le nord-est ou l’est de la France. Le pouvoir d’achat immobilier y est fort… mais l’offre d’emploi, les services et les infrastructures y sont souvent plus limités.
Le dilemme de la mobilité résidentielle
Ces données alimentent un débat de fond sur la mobilité résidentielle en France. S’installer en Creuse plutôt qu’à Paris permettrait théoriquement d’acheter un logement 8 fois plus grand — mais le marché de l’emploi, les revenus disponibles, les services publics et la qualité de vie quotidienne ne se mesurent pas en mètres carrés. La montée du télétravail depuis 2020 a néanmoins accéléré un mouvement de « périurbanisation étendue », où des actifs qui peuvent travailler à distance s’installent dans des territoires moins chers, gonflant parfois les prix immobiliers locaux et réduisant l’avantage comparatif des territoires ruraux les plus attractifs.
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📊 Sources : INSEE Filosofi 2023, DGFiP DVF 2024 — Page Facebook Geopix

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