Plan Leclerc 2030 : 234 nouveaux magasins spécialisés, une offensive inédite sur le non-alimentaire

On l’imagine d’abord comme le champion des prix sur les courses du quotidien. Mais E.Leclerc a une ambition bien plus large. Dans son plan stratégique à horizon 2030, le numéro 1 de la distribution française annonce une offensive massive sur le non-alimentaire : 234 ouvertures de grandes surfaces spécialisées d’ici cinq ans, soit une nouvelle ouverture toutes les 1,5 semaines.
📋 Le détail des 234 ouvertures prévues
Révélé lors de la convention des 200 adhérents réunis à Évian fin 2025, le plan de développement se répartit en huit concepts spécialisés : 70 Leclerc Voyage, 56 Leclerc Jouet, 32 Brico Leclerc, 23 Centres Auto, 22 Espaces Culturels, 11 Nos Animaux (animalerie), 11 Jardi Leclerc (jardinerie) et 9 Parapharmacies. L’objectif à terme est de dépasser le seuil des 3 134 magasins spécialisés sur l’ensemble du territoire français.
💰 Un enjeu économique considérable
Ce plan de développement n’est pas anodin sur le plan financier. En rythme de croisière, ces 234 ouvertures devraient générer entre 800 millions et 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires additionnel d’ici 2030-2032. Une manne qui viendrait consolider la position de leader du groupement, déjà devant Carrefour et Intermarché sur le marché alimentaire. Car le non-alimentaire représente déjà plus d’un tiers des ventes totales d’E.Leclerc — un chiffre qui illustre à quel point l’enseigne s’est diversifiée bien au-delà de l’épicerie.
🏙️ Une réponse aux nouvelles habitudes de consommation
Pourquoi cette accélération maintenant ? E.Leclerc identifie deux moteurs de croissance pour les années à venir : l’omnicanal (la combinaison du physique et du numérique) et le non-alimentaire. Face à la montée en puissance d’Amazon, Shein ou JD.com, qui dominent le commerce en ligne, l’enseigne choisit de miser sur ce que le digital ne peut pas reproduire facilement : la proximité physique, le conseil humain et les prix bas. « Notre développement sera porté par l’omnicanal et le non-alimentaire, les deux voies de croissance de l’avenir » a déclaré Michel-Édouard Leclerc lors du 24e Congrès des Stratégies Commerciales organisé par LSA.
🤝 Un modèle coopératif au cœur de l’exécution
E.Leclerc n’est pas une entreprise classique — c’est une coopérative de 550 adhérents indépendants. Ce sont eux qui financeront et piloteront concrètement ces nouvelles ouvertures, en bénéficiant de la mutualisation des coûts, du partage des bonnes pratiques et de l’agilité d’un réseau décentralisé. Parmi les 550 adhérents, déjà 53 projets de nouveaux magasins de proximité (Leclerc Express) sont dans les cartons pour 2026, dont 45 en phase avancée de développement. Ce modèle, souvent copié mais jamais égalé selon ses défenseurs, permet d’agir vite sans les lourdeurs d’une structure centralisée.
💡 Ce que ce plan dit de l’avenir du commerce physique
À rebours des discours sur la mort du commerce physique et des hypermarchés, E.Leclerc fait un pari inverse : le magasin a de l’avenir, à condition de se réinventer. Cette conviction repose sur une réalité économique solide : le marché de la proximité représente 54 milliards d’euros en France, et n’est occupé qu’à 35% par les grandes enseignes selon le cabinet Circana. C’est précisément là que se joue la prochaine bataille de la distribution française — entre les géants du e-commerce et les enseignes physiques qui refusent de céder le terrain.
📊 Sources : Michel-Édouard Leclerc, LSA Conso, cabinet Retail Lean, cabinet Circana — 2025.
