Routes les plus meurtrières en France : le classement des départements 2021-2025

En France, le risque de mourir sur la route n’est pas le même selon l’endroit où l’on vit. Selon le bilan définitif de l’accidentalité routière 2025 de l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière), ramené à une moyenne sur 5 ans (2021-2025) pour lisser les variations annuelles, le nombre de tués par million d’habitants varie de 13 dans les Hauts-de-Seine à 117 en Haute-Marne — soit un rapport de 1 à 9 entre le département le plus sûr et le plus dangereux.
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Le classement : les 10 plus dangereux et les 10 plus sûrs
| Rang | 🔴 Les plus meurtriers | Tués/million hab. | Rang | 🟡 Les plus sûrs | Tués/million hab. |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Haute-Marne | 117 | 1 | Hauts-de-Seine | 13 |
| 2 | Jura | 108 | 2 | Seine-Saint-Denis | 15 |
| 3 | Nièvre | 104 | 2 | Val-de-Marne | 15 |
| 4 | Alpes-de-Haute-Provence | 101 | 4 | Paris | 17 |
| 5 | Hautes-Alpes | 99 | 5 | Val-d’Oise | 23 |
| 5 | Aude | 99 | 6 | Essonne | 25 |
| 7 | Haute-Corse | 97 | 7 | Yvelines | 28 |
| 7 | Lozère | 97 | 8 | Rhône | 31 |
| 9 | Ariège | 91 | 9 | Bas-Rhin | 33 |
| 9 | Aube | 91 | 9 | Nord | 33 |
Source : ONISR, L’accidentalité routière en France – bilan définitif 2025. Données définitives 2021-2025, moyenne sur 5 ans. Population INSEE au 1er janvier 2026.
La fracture rurale-urbaine : la clé du classement
L’analyse de ces deux classements révèle une réalité sans appel : les 10 départements les plus meurtriers sont tous des départements ruraux à faible densité de population, quand les 10 plus sûrs sont tous des départements urbains ou péri-urbains denses. Cette opposition n’est pas un hasard. Les routes hors agglomération restent les plus dangereuses, concentrant plus de six décès sur dix en 2025 — pourtant elles ne représentent qu’une fraction du réseau routier total.
Plusieurs facteurs expliquent la surmortalité rurale : les routes départementales étroites et sinueuses, souvent sans marquage axial ni glissières de sécurité ; des vitesses pratiquées élevées (hors agglomération, la vitesse maximale autorisée est de 80 km/h depuis 2018, mais les infrastructures ne sont pas toujours adaptées) ; une moins bonne couverture des forces de l’ordre ; et des délais d’intervention des secours plus longs, qui peuvent être fatals lors d’un accident grave.
La Haute-Marne, championne malheureuse de la mortalité routière
Avec 117 tués par million d’habitants, la Haute-Marne affiche le taux le plus élevé de France. Ce département rural du Grand Est cumule les facteurs de risque : une population âgée (les seniors sont surreprésentés dans les accidents ruraux), un réseau de routes départementales dense avec de nombreuses routes de type « deux voies » sans séparateurs, et un territoire peu équipé en infrastructures de sécurité. La Haute-Marne conserve le taux de mortalité le plus élevé de la région Grand Est avec 116 tués par million d’habitants, confirmant les difficultés persistantes des départements ruraux en la matière.
Les Hauts-de-Seine : pourquoi aussi peu de morts sur la route ?
À l’opposé, les Hauts-de-Seine n’enregistrent que 13 tués par million d’habitants — le taux le plus bas de France. Ce département de la petite couronne parisienne est l’un des plus denses de France, avec des vitesses pratiquées naturellement basses (congestion, nombreux feux, zones 30), une part modale de la voiture plus faible (une partie des déplacements s’effectue en transports en commun), et des routes bien équipées et entretenues. La même logique s’applique à la Seine-Saint-Denis, au Val-de-Marne et à Paris — tous des territoires à forte densité urbaine.
Le bilan national 2025 : une hausse inquiétante
Ces données départementales s’inscrivent dans un contexte national préoccupant. En France métropolitaine, 3 263 personnes ont perdu la vie en 2025, soit 70 décès de plus qu’en 2024 (+2,2 %). Cette hausse, qui fait suite à une légère hausse déjà constatée en 2024, rompt avec la tendance de long terme à la baisse observée depuis les années 2000. Les hommes représentent 77 % des personnes décédées sur les routes en 2025. Les comportements à risque — alcool, stupéfiants, téléphone au volant, excès de vitesse — restent les premières causes de mortalité routière.
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📊 Source : ONISR, L’accidentalité routière en France – bilan définitif 2025 ; DREAL Grand Est ; sécurité-routière.gouv.fr — Page Facebook Geopix
