Zonage sismique : où la France est-elle la plus exposée ?

La France n’est pas un pays à fort risque sismique, mais elle n’est pas à l’abri non plus. Entre les Antilles, où l’aléa est le plus élevé du territoire national, les Alpes et les Pyrénées, où il atteint un niveau moyen, et de vastes plaines à la sismicité très faible, la carte du zonage sismique dessine une géographie très contrastée. Voici comment la lire.

Comment fonctionne le zonage sismique ?

Le zonage sismique de la France découpe le territoire en cinq zones, allant de la zone 1 (très faible) à la zone 5 (forte). Il repose sur l’aléa sismique, c’est-à-dire la probabilité qu’un séisme d’une certaine ampleur se produise, en combinant magnitude, intensité et période de retour des tremblements de terre. Le zonage en vigueur résulte des décrets n° 2010-1254 et 2010-1255 du 22 octobre 2010, appliqués depuis le 1er mai 2011, et il est défini commune par commune.

ZoneNiveauOù ?
Zone 1Très faibleBassin parisien, Bassin aquitain, Guyane, Corse
Zone 2FaibleBretagne, une grande partie du Centre et du Sud-Est, La Réunion
Zone 3ModéréeOuest (Vendée, Poitou), Massif central, Nord (Cambrésis, Valenciennois, Avesnois), Alpes, Mayotte
Zone 4MoyenneAlpes, Pyrénées, sud du fossé rhénan (Alsace)
Zone 5ForteGuadeloupe et Martinique

Zone 5 : les Antilles, seules régions à aléa fort

Seules la Guadeloupe et la Martinique sont classées en zone 5. Ce sont les régions françaises où l’aléa et le risque sismiques sont les plus élevés : les scientifiques estiment qu’un séisme majeur y est attendu dans les prochaines décennies, avec un bilan potentiel de plusieurs milliers de morts. Un plan séisme Antilles, lancé en 2007, y finance notamment le renforcement des bâtiments publics ; près de 1,3 milliard d’euros y ont été investis, et sa troisième phase court de 2021 à 2027.

Zone 4 : Alpes, Pyrénées et fossé rhénan

En métropole, la zone 4, de sismicité moyenne, couvre les massifs alpin et pyrénéen ainsi que le fossé rhénan, au sud de l’Alsace. Sur la carte, elle apparaît en rouge dans les Alpes du Sud, notamment autour des Hautes-Alpes, de l’Ubaye et du pays niçois, le long des Pyrénées, du Pays basque au Béarn, et à l’extrémité du Haut-Rhin. Ce sont les zones où les règles de construction parasismique sont les plus exigeantes de métropole.

Zone 3 : l’Ouest, le Massif central, le Nord… et Mayotte

Un large croissant orange traverse l’Ouest de la France, de la Vendée au Poitou. On y retrouve aussi un secteur du Massif central, autour de l’Auvergne, ainsi que, dans le Nord, 315 communes classées en sismicité modérée, dans le Cambrésis, le Valenciennois et l’Avesnois. Mayotte est elle aussi classée en zone 3 : longtemps considérée comme peu sismique, l’île connaît depuis 2018 une activité très importante, liée à la naissance d’un volcan sous-marin à l’est de l’île, avec des séismes quasi quotidiens dépassant souvent la magnitude 4 et une secousse maximale de magnitude 5,8.

Des zones de sismicité très faible aussi

À l’inverse, de vastes territoires restent en zone 1, de sismicité très faible : le Bassin parisien, le Bassin aquitain, mais aussi la Guyane et l’essentiel de la Corse. La Bretagne et une grande partie de la façade nord-ouest sont, elles, en zone 2, de même que La Réunion, classée en risque faible.

Ce que le zonage change concrètement

Le zonage ne mesure pas la fréquence des séismes ressentis, mais fixe le niveau de précaution à appliquer. Dans les zones 2 à 5, les nouveaux bâtiments doivent respecter des règles de construction parasismique dont la sévérité dépend de la zone et de la catégorie d’importance du bâtiment (habitation, école, hôpital, etc.). La zone 1 n’est soumise à aucune exigence particulière. Le niveau de risque réel dépend aussi de la nature du sol, de la densité de population et de la qualité du bâti, ce qui explique que les Antilles concentrent à la fois l’aléa le plus fort et la vulnérabilité la plus élevée.

La métropole à l’abri ? Pas totalement

En métropole, la sismicité est de très faible à moyenne et les séismes de magnitude 5 ou plus y restent exceptionnels. Mais les spécialistes rappellent que des séismes majeurs pourraient causer plusieurs centaines de victimes. L’histoire le confirme : le séisme de Lambesc, en Provence, avait fait 46 morts en 1909, et celui de Pointe-à-Pitre a détruit la ville en 1843.

Comment lire cette carte avec précaution

Le zonage officiel est établi commune par commune : les limites réelles suivent les contours communaux, alors que la carte présente des transitions lissées entre zones. L’aléa n’est pas non plus le risque : une zone de sismicité modérée très peuplée peut présenter un risque supérieur à une zone plus exposée mais peu habitée. Enfin, pour connaître la zone précise d’une adresse, il faut consulter l’outil officiel Géorisques.

À retenir

ÉlémentDétail
IndicateurZone de sismicité réglementaire (de 1 très faible à 5 forte), par commune
Cadre réglementaireDécrets n° 2010-1254 et 2010-1255 du 22 octobre 2010, en vigueur depuis le 1er mai 2011
Zone la plus exposéeZone 5 : Guadeloupe et Martinique
MétropoleZones 1 à 4 : sismicité très faible à moyenne
SourceGéorisques / data.gouv.fr

Sources : Géorisques / data.gouv.fr ; ministère de la Transition écologique, « Tremblements de terre et séismes en France » ; décrets n° 2010-1254 et n° 2010-1255 du 22 octobre 2010 ; DREAL Hauts-de-France ; préfecture de Mayotte.

Publications similaires

Laisser un commentaire