Partir en vacances, un luxe en Europe ? Le classement Eurostat 2025 par pays

Partir en vacances une semaine hors de son domicile — un droit fondamental selon l’OIT, un indicateur de bien-être pour Eurostat. Et pourtant, en 2025, 27,5 % des Européens de 16 ans et plus ne peuvent pas se le permettre financièrement. Ce chiffre, publié par Eurostat le 30 juillet 2026, marque une légère hausse par rapport à 2024 (+0,5 point) — après une décennie de progrès continus. Derrière la moyenne européenne se cachent des situations radicalement différentes d’un pays à l’autre.
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| Pays | % incapables de s’offrir une semaine de vacances (2025) |
|---|---|
| 🇷🇴 Roumanie | 61,4 % |
| 🇬🇷 Grèce | 46,6 % |
| 🇭🇺 Hongrie | 39,1 % |
| 🇧🇬 Bulgarie | 39,1 % |
| 🇮🇹 Italie | 35,7 % |
| 🇵🇹 Portugal | 33,1 % |
| 🇪🇸 Espagne | 32,2 % |
| 🇭🇷 Croatie | 32,6 % |
| 🇱🇹 Lituanie | 30,9 % |
| 🇸🇰 Slovaquie | 29,1 % |
| 🇲🇹 Malte | 27,6 % |
| 🇨🇾 Chypre | 27,6 % |
| 🇵🇱 Pologne | 24,5 % |
| 🇫🇷 France | 23,2 % |
| 🇱🇻 Lettonie | 28,9 % |
| 🇪🇪 Estonie | 25,8 % |
| 🇨🇿 Rép. Tchèque | 19,0 % |
| 🇧🇪 Belgique | 19,5 % |
| 🇮🇪 Irlande | 20,5 % |
| 🇩🇪 Allemagne | 20,9 % |
| 🇦🇹 Autriche | 17,8 % |
| 🇸🇮 Slovénie | 15,2 % |
| 🇫🇮 Finlande | 14,8 % |
| 🇩🇰 Danemark | 14,1 % |
| 🇳🇱 Pays-Bas | 12,8 % |
| 🇸🇪 Suède | 12,4 % |
| 🇱🇺 Luxembourg | 10,6 % |
| 🇪🇺 Moyenne UE | 27,5 % |
Source : Eurostat — Enquête sur les revenus et les conditions de vie (EU-SILC), données 2025, publiées le 30 juillet 2026. Indicateur : part des personnes de 16 ans et plus déclarant ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances annuelles hors de leur domicile.
La Roumanie : 61,4 % — six personnes sur dix privées de vacances
Le cas de la Roumanie est le plus frappant de ce classement. Avec 61,4 % de sa population incapable de s’offrir une semaine de vacances, c’est de très loin le pays le plus affecté de l’UE. L’écart avec le Luxembourg (10,6 %) atteint 50 points de pourcentage — un gouffre au sein d’une même union politique et économique. Cette situation reflète des inégalités structurelles profondes : la Roumanie affiche le taux de pauvreté le plus élevé de l’UE, des salaires médians parmi les plus bas du continent (malgré une rattrapage rapide depuis 2020), et un accès aux services publics (santé, transport, logement) souvent de moindre qualité dans les zones rurales, où vit encore une large part de la population.
La fracture Nord-Sud/Est : une réalité structurelle
L’analyse géographique du classement révèle une fracture très nette. Cette concentration de la privation de vacances dans le Sud et l’Est de l’Union souligne des fractures économiques structurelles qui dépassent la simple conjoncture. Les pays nordiques (Suède 12,4 %, Finlande 14,8 %, Danemark 14,1 %) et le Benelux (Luxembourg 10,6 %, Pays-Bas 12,8 %) affichent les taux les plus bas — soit une population très largement capable de partir en vacances. Ces pays se caractérisent par des systèmes de protection sociale forts, des salaires élevés, une fiscalité redistributive et une bonne accessibilité géographique aux destinations de vacances.
À l’opposé, les pays du Sud et de l’Est (Roumanie, Grèce, Bulgarie, Hongrie, Italie, Portugal, Espagne) paient le prix de structures économiques moins diversifiées, d’une plus grande précarité de l’emploi (contrats courts, travail informel) et d’inégalités internes plus marquées.
La France à 23,2 % : sous la moyenne, mais près d’1 Français sur 4 concerné
La France (23,2 %) se situe en dessous de la moyenne européenne (27,5 %), dans une position intermédiaire correcte mais loin d’être satisfaisante : cela signifie que près d’un Français sur quatre ne peut pas s’offrir une semaine de vacances annuelle hors de son domicile. Ce chiffre traduit la réalité des inégalités de revenus en France : les 20 % les plus modestes ont un niveau de vie environ 6 fois inférieur aux 20 % les plus aisés, et les dépenses de loisirs et vacances sont systématiquement les premières à être sacrifiées lors d’arbitrages budgétaires.
+0,5 point en 2025 : un recul après une décennie de progrès
En 2025, la part des Européens incapables de s’offrir des vacances a augmenté de 0,5 point par rapport à 2024, les coûts croissants de l’hébergement, du transport et de l’alimentation étant cités comme des raisons de cette pauvreté des vacances. Ce recul modeste interrompt une tendance positive de long terme : ce taux est significativement plus bas de 7,7 points par rapport à il y a dix ans, en 2015 — une amélioration réelle qui témoigne des progrès économiques et sociaux réalisés en Europe sur la décennie. Le rebond de 2025 s’explique principalement par l’inflation persistante sur les postes vacances (hébergement, transport aérien) qui dépasse la croissance des salaires pour les ménages modestes.
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📊 Source : Eurostat — Enquête EU-SILC, données 2025, publiées le 30 juillet 2026 — Page Facebook Geopix
