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Légalité de la polygamie dans le monde : la carte complète du statut juridique par pays

La polygamie — définie comme l’union matrimoniale simultanée avec plusieurs conjoints — est l’une des pratiques dont le statut juridique varie le plus radicalement d’un pays à l’autre. La polygamie est légalement autorisée dans environ 58 pays, principalement des États à majorité musulmane au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, ainsi que dans des pays reconnaissant le droit coutumier. La majorité des pays du monde — plus de 130 — l’interdisent cependant explicitement.

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Les quatre catégories juridiques

StatutExemples de paysEstimations
🔵 Légale pour tousSénégal, Mali, Niger, Burkina Faso, Cameroun, RDC, Arabie Saoudite, EAU, Irak, Yémen, Pakistan, Bangladesh…~58 pays
🟢 Légale uniquement pour les musulmansInde, Philippines (Mindanao), Singapour, Malaisie, Sri Lanka~5-10 pays
🟠 Illégale mais dépénaliséeRussie (Caucase du Nord), pays ex-soviétiques d’Asie centrale, Utah (États-Unis)Dizaine de pays/territoires
⬛ Illégale et pénaliséeTous les pays d’Europe, Canada, États-Unis, Mexique, Amérique du Sud, Australie, Chine, Japon, Corée…130+ pays

L’Afrique subsaharienne : polygamie coutumière indépendante de l’islam

Une nuance souvent ignorée : en Afrique subsaharienne, la polygamie est fréquemment légale pour tous les citoyens — pas uniquement pour les musulmans. (cite index= »14-1″>De nombreux pays africains ont légalisé cette pratique. C’est le cas notamment de la RDC, de la Centrafrique, du Gabon et du Cameroun. Le roi d’eSwatini comptait 13 épouses en 2018, alors que 88% de la population de son pays est chrétienne. Ces législations s’appuient sur les codes de droit coutumier hérités de traditions précoloniales, où la polygamie avait des fonctions économiques (partage du travail agricole), sociales (alliances familiales) et démographiques (population et descendance). Cette réalité démontre que la polygamie n’est pas un phénomène exclusivement islamique.

L’Inde : un droit matrimonial à deux vitesses

L’Inde illustre parfaitement la complexité juridique de la polygamie. (cite index= »10-1″>La polygamie est légale pour les musulmans sous la Muslim Personal Law (Shariat) Application Act, mais interdite pour les hindous, sikhs et chrétiens depuis le Hindu Marriage Act de 1955. Cette dualité juridique — un droit matrimonial différent selon la religion du citoyen — fait l’objet d’un débat politique intense en Inde depuis des décennies. Le gouvernement Modi a tenté à plusieurs reprises d’imposer un Code civil uniforme qui interdirait la polygamie pour tous les citoyens, quelle que soit leur religion — une réforme soutenue par une partie de la population mais contestée par les communautés musulmanes.

La Tunisie et la Turquie : les pionnières de l’interdiction dans le monde musulman

Parmi les pays à majorité musulmane, deux pays ont choisi très tôt d’interdire la polygamie. (cite index= »13-1″>La Tunisie a été le premier pays arabe à bannir la polygamie, dès 1956, sous le président Bourguiba. La Turquie l’avait interdite encore plus tôt, en 1926, dans le cadre de la laïcisation menée par Atatürk. Ces deux exemples montrent que le monde islamique n’est pas monolithique sur cette question, et que des réformes juridiques profondes sont possibles dans des sociétés à majorité musulmane. La Tunisie reste jusqu’à ce jour le seul pays arabe à avoir aboli la polygamie par la loi.

Une pratique quasi exclusivement masculine : polygynie vs polyandrie

Il est important de préciser que la polygamie légale désigne dans l’immense majorité des cas la polygynie — un homme marié à plusieurs femmes. La polyandrie (une femme mariée à plusieurs hommes) est extrêmement rare et n’est reconnue légalement par aucun code civil national dans le monde. Elle existe dans quelques communautés de pratique coutumière au Népal et au Tibet (polyandrie fraternelle, où une femme épouse plusieurs frères pour éviter la fragmentation des terres agricoles), mais n’a aucune reconnaissance juridique officielle. (cite index= »11-1″>La polygamie, où un homme prend plusieurs épouses, est bien plus courante que la polyandrie, où une femme a plusieurs maris. Les Nations Unies, via la Commission des droits de l’homme et le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, considèrent que les mariages polygames constituent une discrimination à l’égard des femmes et recommandent leur interdiction.

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📊 Sources : données juridiques nationales, Pew Research Center, ONU Commission des droits de l’homme, Muslim Personal Law (India), Code civil (pays concernés) — Page Facebook Geopix

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