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Identité régionale en France : qui se sent plus Breton, Corse ou Alsacien que Français ?

55 % des Corses, 39 % des Alsaciens-Mosellans, 36 % des Bretons et des Basques : ces chiffres issus d’un sondage IFOP pour Régions et Peuples Solidaires (réalisé du 18 au 25 février 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes) dressent un portrait saisissant de la France des identités. Loin d’être marginale ou folklorique, l’identité régionale revendiquée comme prioritaire sur l’identité nationale concerne une part significative des habitants de plusieurs territoires.

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Le classement des territoires à forte identité régionale

TerritoirePart davantage attachée à l’identité régionale
🏔️ Corse55 %
⚜️ Alsace-Moselle39 %
🐏 Bretagne36 %
🟥🟩 Pays Basque36 %

Source : Sondage IFOP pour Régions et Peuples Solidaires — enquête réalisée du 18 au 25 février 2025, auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes âgées de 18 ans et plus, résidant en France métropolitaine, complété par des échantillons territoriaux. Note : aucune donnée officielle IFOP 2025 n’est disponible à ce jour pour la Savoie et plusieurs autres territoires.

La Corse, championne de l’identité régionale avec 55 %

Avec 55 % de ses habitants qui se disent davantage attachés à leur identité corse qu’à leur identité française, la Corse domine très largement ce classement. Ce chiffre — plus d’un habitant sur deux — s’inscrit dans un contexte politique particulier : au moment de la publication de ce sondage, un projet de loi constitutionnelle consacrant l’autonomie de la Corse était en cours d’examen au Parlement français. Le sondage confirme que cette revendication n’est pas le fait d’une minorité militante, mais d’une majorité absolue de la population insulaire.

L’identité corse est renforcée par la survie relative de la langue : 48 % des Corses comprennent encore le corse, une proportion nettement supérieure à celle observée dans les autres régions à forte identité. Et 75 % des Corses soutiennent l’enseignement obligatoire des langues régionales — un consensus remarquable qui transcende les clivages politiques locaux.

L’Alsace-Moselle, blessure du Grand Est

Avec 39 %, l’Alsace-Moselle se distingue en deuxième position. Ce territoire, dont l’identité a été façonnée par des siècles de frontière franco-allemande, de rattachements successifs et d’un droit local spécifique hérité de la période wilhelmienne (encore en vigueur aujourd’hui), reste profondément attaché à sa particularité. La réforme régionale de 2015, qui a fusionné l’Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardenne pour créer le Grand Est, est massivement rejetée : 84 % des Alsaciens souhaitent l’existence d’une région Alsace distincte — et 80 % veulent une région Alsace hors du Grand Est, soit 12 points de plus qu’en 2019.

Bretagne et Pays Basque : 36 % chacun, des dynamiques différentes

La Bretagne et le Pays Basque partagent le même taux de 36 % d’attachement prioritaire à l’identité régionale, mais leurs dynamiques sont différentes. En Bretagne, la question de la réunification avec la Loire-Atlantique (département breton historiquement séparé en 1941) reste vive : 53 % des Bretons y sont favorables. La langue bretonne, en revanche, est très menacée — seulement 9 % des Bretons la comprennent encore, un niveau très bas qui contraste avec la vitalité identitaire culturelle.

Au Pays Basque, l’identité régionale s’appuie sur une langue — l’euskara — parlée par environ 15 % des habitants. 62 % des Basques français sont favorables à la création d’une collectivité à statut particulier du Pays Basque — un taux stable depuis 25 ans, témoignant d’une aspiration institutionnelle durable et non conjoncturelle.

Une tendance de fond : la remise en question du jacobinisme

Au-delà des chiffres territoriaux, ce sondage révèle une transformation profonde de la société française dans son rapport à la centralisation. À l’échelle nationale, 68 % des Français souhaitent une réforme des découpages régionaux tenant compte des réalités culturelles et historiques. 77 % soutiennent la reconnaissance officielle des langues régionales. Comme le souligne François Kraus (directeur de département à l’IFOP), « le régionalisme n’est plus une revendication marginale ou folklorique » — il est devenu transpartisan, intergénérationnel, et il progresse dans toutes les enquêtes depuis 20 ans.

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📊 Source : Sondage IFOP pour Régions et Peuples Solidaires, 18-25 février 2025, 2 000 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus — Page Facebook Geopix

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