Taux de propriétaires du logement en Europe : le classement complet par pays

Être propriétaire de son logement est-il la norme ou l’exception en Europe ? La réponse dépend entièrement du pays où l’on vit. Selon les données Eurostat (2022-2024), 68 % des ménages européens sont propriétaires de leur résidence principale — mais derrière cette moyenne se cachent des écarts considérables, de 42 % en Suisse à 96 % en Roumanie.
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Le classement complet par pays
| Pays | Taux de propriétaires |
|---|---|
| 🇷🇴 Roumanie | 96 % |
| 🇸🇰 Slovaquie | 93 % |
| 🇭🇷 Croatie | 91,6 % |
| 🇭🇺 Hongrie | 90 % |
| 🇱🇹 Lituanie | 87,4 % |
| 🇲🇰 Macédoine du Nord | 87,1 % |
| 🇵🇱 Pologne | 84,2 % |
| 🇧🇬 Bulgarie | 83,7 % |
| 🇱🇻 Lettonie | 83 % |
| 🇪🇪 Estonie | 79 % |
| 🇸🇮 Slovénie | 75,5 % |
| 🇵🇹 Portugal | 75,9 % |
| 🇮🇹 Italie | 74,7 % |
| 🇮🇸 Islande | 73,6 % |
| 🇧🇪 Belgique | 72,5 % |
| 🇳🇴 Norvège | 73,9 % |
| 🇪🇸 Espagne | 76 % |
| 🇫🇮 Finlande | 68,8 % |
| 🇸🇪 Suède | 68,1 % |
| 🇮🇪 Irlande | 69,3 % |
| 🇩🇰 Danemark | 60,9 % |
| 🇫🇷 France | ~64,5 % |
| 🇳🇱 Pays-Bas | 64,5 % |
| 🇦🇹 Autriche | 54,5 % |
| 🇩🇪 Allemagne | 47,2 % |
| 🇨🇭 Suisse | 42 % |
Source : Eurostat EU-SILC, données 2022-2024. Note : les taux varient légèrement selon les sources selon qu’ils mesurent la part des ménages ou la part de la population, et selon l’année de référence.
L’Europe de l’Est championne de la propriété : l’héritage communiste
Le fait le plus frappant de ce classement est la domination des anciens pays du bloc communiste dans le haut du tableau. La Roumanie (96%), la Slovaquie (93%), la Croatie (91,6%), la Hongrie (90%) et la Lituanie (87,4%) constituent le peloton de tête européen. Cette réalité n’est pas le fruit du hasard : elle est directement liée aux privatisations massives qui ont suivi la chute de l’URSS à partir de 1989-1991.
Pendant l’ère communiste, les logements appartenaient à l’État et étaient loués à des loyers symboliques. Au moment de la transition vers l’économie de marché, ces logements ont été cédés à leurs occupants à des prix très faibles, parfois quasi nuls. Résultat : en quelques années, des pays entiers sont passés d’une population quasi intégralement locataire à une population quasi intégralement propriétaire — sans que ces nouveaux propriétaires aient eu à financer leur bien au prix du marché. Ce contexte historique a laissé un héritage de taux de propriété très élevé dans des États comme la Roumanie ou la Slovaquie.
L’Allemagne, exception occidentale : le pays des locataires
À l’opposé du spectre, l’Allemagne fait figure d’exception avec seulement 47,2 % de propriétaires — soit moins de la moitié de la population. C’est le seul grand pays d’Europe occidentale où les locataires sont majoritaires. Ce modèle allemand n’est pas subi mais largement assumé : la location y est culturellement valorisée, encadrée par des protections très fortes du locataire (encadrement des loyers, baux très stables, difficultés à expulser un locataire de bonne foi), et s’appuie sur un parc locatif privé de qualité et abondant. Dans un pays comme l’Autriche, une gestion locative solide et un entretien important du parc social assurent une grande stabilité du logement locatif — Vienne est largement considérée comme un exemple de bonne pratique en Europe.
La France à 64-65 % : dans la moyenne, mais avec des inégalités
La France affiche un taux de propriétaires d’environ 64-65 % selon les sources Eurostat, un chiffre qui la situe légèrement en dessous de la moyenne européenne (68 %). Ce taux masque cependant d’importantes inégalités : le taux de propriété grimpe à 80 % chez les ménages de plus de 60 ans, quand il tombe à moins de 30 % chez les moins de 30 ans. L’accession à la propriété est rendue difficile en France par des prix immobiliers élevés dans les grandes métropoles, un durcissement des conditions d’octroi de crédit depuis 2022, et le poids croissant des logements sociaux qui maintient une partie de la population dans la location.
La Suisse à 42 % : le choix du locataire de qualité
Avec 42 % de propriétaires, la Suisse affiche le taux le plus bas d’Europe — et pourtant c’est l’un des pays les plus riches du monde. Ce paradoxe s’explique par des prix immobiliers parmi les plus élevés du monde (notamment à Zurich et Genève), qui rendent l’achat inaccessible même pour des ménages aisés, mais aussi par un marché locatif très développé, stable et de haute qualité, qui ne constitue pas un « pis-aller » mais un véritable choix de vie pour des millions de Suisses. En Suisse, être locataire n’est pas associé à une moindre réussite sociale — c’est simplement la norme.
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📊 Source : Eurostat EU-SILC (2022-2024), Touteleurope.eu, RTBF, Statista — Page Facebook Geopix

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