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Logements vacants en France : la carte qui révèle la fracture des territoires

Au 1ᵉʳ janvier 2023, la France hors Mayotte comptait 37,8 millions de logements, dont environ 3,1 millions vacants, soit 8,2 % du parc total selon l’Insee. Mais ce chiffre national masque de très fortes disparités territoriales, que la carte des taux de vacance par département met clairement en évidence.

La « diagonale du vide », épicentre de la vacance

Les départements affichant les taux de vacance les plus élevés — souvent supérieurs à 11 % — se concentrent le long de ce que les géographes appellent la « diagonale du vide » : une large bande de territoires ruraux à faible densité de population qui traverse la France du nord-est vers le centre et le sud-ouest. On y retrouve notamment la Creuse, la Nièvre, les Ardennes, le Cher, l’Yonne, l’Indre, la Meuse, l’Orne et les Vosges. Ces départements combinent souvent déprise démographique, vieillissement de la population et parc de logements anciens, moins adaptés à la demande actuelle.

Île-de-France et zones urbaines denses : la vacance la plus faible

À l’inverse, les taux de vacance les plus bas s’observent en Île-de-France ainsi que dans les grandes aires urbaines les plus peuplées et les territoires en croissance démographique ou à forte attractivité touristique. Dans ces zones, la pression sur le marché du logement est telle que les biens vacants restent l’exception plutôt que la règle.

Un contraste marqué dans les outre-mer

Les territoires ultramarins illustrent aussi cette hétérogénéité : la Martinique affiche un taux de vacance élevé, autour de 16,1 %, quand la Guadeloupe se situe à l’opposé avec environ 5,1 % — un écart qui rappelle que la vacance dépend de dynamiques locales (démographie, économie, attractivité) bien plus que d’une simple appartenance géographique.

Un logement vacant n’est pas toujours un logement à l’abandon

Il est important de nuancer : un logement classé « vacant » par l’Insee n’est pas nécessairement délabré ou définitivement inoccupé. Cette catégorie recouvre aussi bien des logements en travaux, proposés à la vente ou à la location, que des biens bloqués par une succession en cours. Au niveau national, une vacance autour de 6 à 7 % est considérée comme relevant d’un fonctionnement normal du marché (le temps nécessaire pour vendre ou relouer un bien). C’est lorsque ce taux dépasse durablement 8 à 10 %, comme c’est le cas dans plusieurs départements ruraux, qu’il devient un véritable indicateur de fragilité du territoire.

En bref

IndicateurValeur
Parc total de logements (France hors Mayotte, 1ᵉʳ janvier 2023)37,8 millions
Nombre de logements vacants (2023)Environ 3,1 millions
Part des logements vacants (moyenne nationale, 2023)8,2 % du parc total (Insee)
Départements les plus touchés (>11 %)Creuse, Nièvre, Ardennes, Cher, Yonne, Indre, Meuse, Orne, Vosges
Zones les moins touchéesÎle-de-France et aires urbaines denses ou en croissance démographique
Cas particulier ultramarinMartinique : 16,1 % — Guadeloupe : 5,1 % (écart important entre territoires d'outre-mer)
Facteur géographique principalLa "diagonale du vide" : bande de départements ruraux du nord-est au centre-sud-ouest, en déprise démographique
Nature de la vacanceNe signifie pas toujours un logement à l'abandon : travaux, mise en vente/location, succession en cours, etc.

Source : Insee, recensement de la population 2023 (Insee Première n°1979, Insee Focus n°309). Vacance nationale : 8,2 % (3,1 millions de logements sur 37,8 millions), France hors Mayotte, au 1ᵉʳ janvier 2023.

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