đ° Combien gagne vraiment un dĂ©putĂ© en France en 2026 ? đ«đ·
đ Les chiffres clĂ©s Ă retenir
đ¶ IndemnitĂ© parlementaire : 7 637 ⏠brut/mois â â 5 953 ⏠net
đą Dotation de fonctionnement (DFP) : 7 238 âŹ/mois (frais de mandat contrĂŽlĂ©s)
đ„ CrĂ©dit collaborateurs : 11 463 âŹ/mois (salaires des assistants)
đ CoĂ»t total par dĂ©putĂ© : â 26 000 â 27 000 ⏠de fonds publics/mois
â ïž Revenu personnel rĂ©el : seuls les â 5 953 ⏠net sont perçus par le dĂ©putĂ©
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Source : Assemblée nationale, fiche n°7, mise à jour janvier 2026
Les chiffres sur la rĂ©munĂ©ration des dĂ©putĂ©s circulent beaucoup sur les rĂ©seaux sociaux, souvent avec des erreurs ou des donnĂ©es obsolĂštes. Combien touche rĂ©ellement un dĂ©putĂ© de l’AssemblĂ©e nationale en 2026 ? Quels sont ses avantages ? Et surtout, quelle part est un vrai revenu personnel et quelle part sert Ă financer l’exercice du mandat ? DĂ©cryptage complet avec les chiffres officiels vĂ©rifiĂ©s.
đ L’indemnitĂ© parlementaire : le « salaire » du dĂ©putĂ©
Contrairement Ă ce qu’on entend souvent, un dĂ©putĂ© ne touche pas un « salaire » au sens du Code du travail. Il perçoit une indemnitĂ© parlementaire, dont le montant est indexĂ© sur le traitement des hauts fonctionnaires (catĂ©gorie « hors Ă©chelle »). Les dĂ©putĂ©s ne fixent donc pas eux-mĂȘmes leur rĂ©munĂ©ration.
En 2026, l’indemnitĂ© parlementaire brute s’Ă©lĂšve Ă 7 637,39 ⏠par mois, dĂ©composĂ©e ainsi :
- IndemnitĂ© de base : 5 931,95 âŹ
- IndemnitĂ© de rĂ©sidence (3 % de la base) : 177,96 âŹ
- IndemnitĂ© de fonction (25 % des deux premiĂšres) : 1 527,48 âŹ
AprĂšs cotisations sociales, le net avant impĂŽt est d’environ 5 953 ⏠par mois. C’est le seul montant qui constitue rĂ©ellement le revenu personnel du dĂ©putĂ©.
đ Pour comparaison : le salaire mĂ©dian en France est d’environ 2 200 ⏠net. Un dĂ©putĂ© gagne donc environ 2,7 fois le salaire mĂ©dian français.
đą La dotation de fonctionnement parlementaire (DFP) : 7 238 âŹ/mois
â ïž Attention aux infos obsolĂštes ! L’ancienne IRFM (IndemnitĂ© ReprĂ©sentative de Frais de Mandat) n’existe plus depuis 2017. Elle a Ă©tĂ© remplacĂ©e par l’Avance de Frais de Mandat (AFM), elle-mĂȘme fusionnĂ©e avec la dotation matĂ©rielle en juillet 2025 pour former la DFP (Dotation de Fonctionnement Parlementaire).
Depuis janvier 2026, son montant est de 7 238,04 âŹ/mois pour un dĂ©putĂ© Ă©lu en mĂ©tropole. Cette somme couvre :
- Le loyer et les charges de la permanence parlementaire en circonscription
- Les déplacements professionnels en circonscription
- Les frais de communication et de représentation
- Le matériel informatique et les fournitures
đ Point important : cette dotation est contrĂŽlĂ©e par le dĂ©ontologue de l’AssemblĂ©e nationale. Les dĂ©putĂ©s doivent fournir des justificatifs et les dĂ©penses doivent avoir un lien direct avec l’exercice du mandat. Les reliquats non utilisĂ©s doivent ĂȘtre reversĂ©s Ă l’AssemblĂ©e en fin de lĂ©gislature. En mai 2025, deux dĂ©putĂ©s ont d’ailleurs fait l’objet de sanctions disciplinaires pour utilisation abusive de ces fonds.
đ„ Le crĂ©dit collaborateurs : 11 463 âŹ/mois
Chaque dĂ©putĂ© dispose d’un crĂ©dit mensuel de 11 463 ⏠pour recruter jusqu’Ă 5 collaborateurs parlementaires. Le dĂ©putĂ© est l’employeur direct de ses assistants, et les charges patronales sont prises en charge par l’AssemblĂ©e en plus de ce crĂ©dit.
Ce montant ne peut en aucun cas ĂȘtre perçu Ă titre personnel par le dĂ©putĂ©. Il est exclusivement affectĂ© aux salaires bruts des collaborateurs. En 2019, le salaire net moyen d’un collaborateur de dĂ©putĂ© s’Ă©tablissait Ă environ 2 185 âŹ.
đ Les avantages en nature et transports
Les dĂ©putĂ©s bĂ©nĂ©ficient de plusieurs avantages logistiques liĂ©s Ă l’exercice de leur mandat :
- đ Circulation SNCF : carte de libre circulation en 1Ăšre ou 2nde classe sur le rĂ©seau mĂ©tropolitain
- âïž Vols intĂ©rieurs : pris en charge dans le cadre du mandat (80 passages aĂ©riens par an, plafonnĂ©s)
- đ Taxis : frais pris en charge en circonscription
- đ Logement : pas de logement de fonction systĂ©matique, mais une aide possible pour les frais d’hĂ©bergement Ă Paris (imputable sur la DFP)
- đ± MatĂ©riel : ordinateur, tĂ©lĂ©phone, abonnements fournis
- đ SĂ©curitĂ© sociale : affiliation au fonds de sĂ©curitĂ© sociale de l’AssemblĂ©e (rĂ©gime spĂ©cial avec prestations identiques au rĂ©gime gĂ©nĂ©ral)
đïž Retraite et allocation chĂŽmage des dĂ©putĂ©s
Les dĂ©putĂ©s cotisent Ă une caisse de pensions spĂ©cifique, créée en 1904. Depuis la rĂ©forme de 2017, ce rĂ©gime s’est progressivement alignĂ© sur le droit commun.
- AprĂšs un mandat (5 ans) : pension d’environ 686 ⏠net/mois
- AprĂšs deux mandats (10 ans) : environ 1 300 Ă 1 400 âŹ
- Moyenne des anciens dĂ©putĂ©s pensionnĂ©s : environ 3 000 âŹ/mois
- Taux de cotisation : 10,85 % de l’indemnitĂ© parlementaire
- Ăge minimum de dĂ©part : 62 ans (droit commun)
En dĂ©cembre 2025, le Bureau de l’AssemblĂ©e a dĂ©cidĂ© de geler les pensions pour 2026, une Ă©conomie estimĂ©e Ă environ 800 000 ⏠pour la caisse.
En cas de non-réélection, les anciens dĂ©putĂ©s peuvent percevoir une allocation de retour Ă l’emploi : 57 % de l’indemnitĂ© parlementaire (soit environ 4 353 âŹ), pendant 18 Ă 36 mois selon l’Ăąge.
đïž Fonctions spĂ©ciales : des indemnitĂ©s supplĂ©mentaires
Certains dĂ©putĂ©s occupant des fonctions particuliĂšres perçoivent des indemnitĂ©s supplĂ©mentaires, plafonnĂ©es Ă 2 966 ⏠par mois : prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, vice-prĂ©sidents, questeurs, prĂ©sidents de commission, secrĂ©taires du Bureau.
đ¶ RĂ©capitulatif : le coĂ»t total d’un dĂ©putĂ© pour l’Ătat
| Poste | Montant mensuel | Nature |
|---|---|---|
| Indemnité parlementaire | 7 637 ⏠brut | Revenu personnel |
| Dotation de fonctionnement (DFP) | 7 238 ⏠| Frais professionnels contrÎlés |
| Crédit collaborateurs | 11 463 ⏠| Salaires des assistants |
| Dotation matĂ©rielle annuelle | â 1 400 âŹ/mois | MatĂ©riel, informatique |
| TOTAL | â 26 000 â 27 000 ⏠| CoĂ»t global fonds publics |
â ïž Nuance essentielle : seuls les 7 637 ⏠brut (â 5 953 ⏠net) constituent le revenu personnel du dĂ©putĂ©. Le reste, ce sont des moyens de fonctionnement pour exercer le mandat : payer les assistants, la permanence, les dĂ©placements. Additionner tous ces montants comme un « salaire » est trompeur.
â Les erreurs frĂ©quentes sur les rĂ©seaux sociaux
- â « IRFM : 5 645 âŹÂ » â L’IRFM n’existe plus depuis 2017. C’est dĂ©sormais la DFP Ă 7 238 âŹ
- â « Budget collaborateurs : 10 581 âŹÂ » â Le montant rĂ©el est de 11 463 ⏠(fiche officielle AN, janvier 2026)
- â « IndemnitĂ© de fonction : 5 770 âŹÂ » â Confusion : l’indemnitĂ© de fonction (1 527 âŹ) fait partie des 7 637 ⏠de l’indemnitĂ© parlementaire
- â « Total 19 000 âŹÂ » â Si on additionne indemnitĂ© + DFP, on arrive Ă â 14 875 ⏠(hors crĂ©dit collaborateurs)
- â « Logement de fonction » â Il n’existe pas de logement de fonction systĂ©matique pour les dĂ©putĂ©s
đ Comparaison internationale
Pour mettre en perspective, un eurodĂ©putĂ© au Parlement europĂ©en perçoit environ 10 800 ⏠brut/mois (soit â 8 420 ⏠net), avec une enveloppe collaborateurs pouvant atteindre 30 769 âŹ/mois et des frais gĂ©nĂ©raux de 4 950 âŹ/mois. En Allemagne, chaque membre du Bundestag dispose d’un budget collaborateurs de 25 874 âŹ/mois, soit plus du double du budget français.
Un dĂ©putĂ© français est donc loin d’ĂȘtre le mieux payĂ© d’Europe, tant en indemnitĂ© personnelle qu’en moyens de fonctionnement.
đ Sources officielles
- AssemblĂ©e nationale â Fiche de synthĂšse n°7 : « La situation matĂ©rielle du dĂ©putĂ© » (mise Ă jour janvier 2026)
- AssemblĂ©e nationale â Fiche de synthĂšse n°11 : « Les collaborateurs de dĂ©putĂ©s »
- AssemblĂ©e nationale â Budget prĂ©visionnel 2026
- Vie-publique.fr â « Faut-il donner plus de moyens au Parlement ? » (juin 2025)
- Ordonnance organique n° 58-1210 du 13 décembre 1958
đŹ Et vous, qu’en pensez-vous ? Trop payĂ© ou responsabilitĂ© justifiĂ©e ? Partagez votre avis en commentaire sur la page Facebook Geopix !
